Communiqué de la LDH

En s’exprimant devant la Conférence des évêques, le président de la Républiquelogo laicité
entendait préciser sa pensée sur les rapports entre les églises, singulièrement catholique, et l’Etat, sur sa conception de la laïcité et sur, enfin, la crise de  sens qui accompagnerait la modernité.
La Ligue des droits de l’Homme (LDH) tient à exprimer quelques inquiétudes sur   des thèmes et des expressions qui méritent approfondissement ou clarification dans les débats futurs.
Ainsi, la volonté proclamée de « réparer » des liens « abîmés » avec l’Église catholique semble davantage relever d’un désir d’ordre privé, dont on saisit mal la portée réelle, plutôt que d’une responsabilité d’État. Garant suprême de laConstitution et des institutions, le président de la République inaugure, ce faisant,une lecture de la loi de 1905 qui n’est pas sans risque de confusion. Garant de laliberté de conscience et de culte, l’État n’entretient pas de lien avec les églises sur un pied d’égalité, encore moins en privilégiant l’une d’entre elles, fût-ce en invoquant l’« histoire » ou la « culture ».
Il est de même problématique de voir le président de la République se livrer à une sorte de « bilan » du religieux au regard des problèmes posés au corps
social tout entier. Là encore, le risque de confusion est réel et non sans risque.
Il n’est pas neutre en effet de s’adresser aux citoyennes et aux citoyens en les
assignant à leur identité catholique. Sans aucunement mépriser ou minoriser les
identités religieuses, c’est la devise républicaine qui fonde les termes du débat
public, dans l’égalité de toutes et de tous, des identités multiples, des aspirations
à une fraternité exclusive de clivages discriminants.
La LDH se félicite que le président de la République ait rappelé les principes de
la laïcité et de sa garantie par l’État du fait de sa neutralité et du principe de
liberté de pensée et d’expression, aussi bien pour les croyances religieuses que
pour les autres. La LDH réaffirme son attachement à la laïcité, qu’elle inscrit au
cœur de ses combats pour des droits universels et indivisibles.

Paris, le 11 avril 2018